dimanche 19 octobre 2014

IDRISSA TOURE : Un rescapé du panafricanisme

Ingénieur de communication en retraite, Idrissa Touré participe à son premier Forum Social Africain (FSA). Selon lui, les Africains doivent s’inspirer des pères du panafricanisme pour redresser le continent.
Ceux qui ont l’habitude de participer aux ateliers du Forum Social Africain (FSA)  connaissent son visage.  Idrissa Touré se fait toujours remarquer quand il prend la parole. Son discours engagé et sa pertinence dans le raisonnement ne laissent pas indifférents. Toujours vêtu d’un caftan de couleur jaune, ce malien de soixante-ans n’a rien à envier aux jeunes. Sa corpulence, sa voix tonitruante  et ses gesticulations renseignent sur la vitalité de cet homme.
« L’homme est au centre de tout. Rien ne peut se faire sans l’homme. Il doit travailler pour améliorer son environnement. Il faut revenir aux valeurs sociales  d’antan. Dieu a dit que l’homme est amour. Donc, il ne faut pas qu’il se déshumanise. Il faut rééduquer l’homme pour qu’il ait des valeurs d’humanisme, de bravoure, d’amour et de patriotisme pour qu’il puisse gérer son pays dans le bonheur ». Ces propos, Idrissa Touré l’a dit dans les rencontres du forum où il a participé.
Pourtant, il est à sa première participation dans une rencontre de ce genre. « Pour cette année, j’ai vu que l’accaparement des terres et des eaux ont pris une place importante dans le FSA. C’est pourquoi j’ai jugé nécessaire de  venir. Il faut mener le combat contre les multinationales. Elles sont en train de nous dépouiller », note-t-il, l’air heureux.
Ingénieur de communication à la retraite, Idrissa Touré a été Directeur des études de l’école multinationale de télécommunication de Dakar, de 1989 jusqu’en 2000. Il devient ensuite le Directeur de l’établissement de 2000 à 2004. Mais avant son passage au Sénégal, il a travaillé à la Société des télécommunications de Mali (SOLTELMA) entre 1981 et 1989.
Né en 1954 à Bamako, Idrissa Touré milite dans une association appelée « JOKO NI MAAYA ». Cette association, née après de coup d’Etat de 2012 contre Amadou Toumani Touré, ancien du président du Mali, a pour but de ramener la paix au Mali. « Après le coup d’Etat, les gens ne pouvaient plus se parler. Nous avons créé cette association pour analyser la situation et apporter des solutions au problème malien », déclare-t-il en baissant le ton.
Idrissa Touré est convaincu que seuls les Africains peuvent apporter un remède à leurs problèmes. Selon lui, les personnes âgées ne doivent pas laisser le combat aux jeunes. « Nous ne pouvons pas laisser le flambeau à des jeunes désespérés. Nous devons redresser la situation et donner  la relève aux jeunes. La corruption généralisée nous a révoltés. Les gens se foutent du bien public. Aujourd’hui, le Mali connait une crise aigue et elle se traduit par l’occupation des 2/3 du territoire. C’est un problème de comportement qui a amené le pays dans une situation catastrophique que nous connaissons. Les fonctionnaires maliens cherchent à tirer le maximum de profit en exerçant leur fonction. La corruption généralisée a fait qu’on a  perdu notre sécurité économique, financière, sociale, sanitaire, judicaire et scolaire. Les forces de sécurité, au lieu de protéger les populations, leur causent du tort. Tout est à reconstruire », précise Idrissa Touré, la sueur au front.
Idrissa Touré a commencé à militer pour l’amélioration des conditions de vie de la population malienne vers les années 1968. Fidèle sympathisant du premier président du Mali, Modibo Keita, il prône le retour au panafricanisme. Selon lui la nouvelle génération a perdu ses repères.

El Hadji Fallilou Fall

LES MOUVEMENTS SOCIAUX AU FORUM DAKAR 2014 : Vers un panafricanisme des peuples

Thomas Sankara, Modibo Keïta, Cheikh Anta Diop, Sékou Touré, Kwamé Khruma (…) ont, à travers leurs pensées, participé, hier samedi dans la salle Abdoulaye Diop du Cices, au x débats sur la nécessaire intégration et de l’union africaine.
Vous les traitez de rêveurs, d’utopistes. Ils le savent. « On dit que le combat que nous menons  pour la réalisation de l’intégration et de l’union africaine, relève de l’utopie. Mais ils oublient que c’est la concrétisation de rêves qui a bâti de grandes nations », fustige Mboj, un intervenant. C’était hier samedi, avant-dernier jour du Forum social africain Dakar 2014, lors du panel : « La vision d’intégration africaine dans la souveraineté est la mission de notre génération ».
 La notoriété du paneliste, le politologue Aziz Salmone Fall (un admirateur et un grand lecteur de Frantz Fanon) semble séduire ces leaders de gauche venus l’accopmpagner. Le révolutionnaire est chétif comme Mahatma Ghandi de l’Indes. Il a la même taille que ce dernier. Sa façon de parler, son regard, son gestuel, sont semblables à ceux de Fanon. Le panafricaniste lance : « C’est l’Afrique qui a donné le monde. C’est elle qui va sauver la mondialisation ». Toutefois, il n’y aura pas de développement tant que nous continuons à accepter qu’ils (les occidentaux) instrumentalisation les conflits, précise le réalisateur du film « africom », entendre par là le nom de la base américaine en Allemagne.
Tout comme M. Fall, une seule conviction anime les mouvements sociaux du continent présents au Forum de Dakar : la nécessité d’aller vers un panafricanisme des peuples. Jo Diop, un « guévariste » de Thiès est un farouche défenseur de cette position. Teint clair, casquette de couleur noire sur la tête, moustache et barbe légèrement avancée et bien entretenus, le marxiste léniniste a l’air de séduire les participants lorsqu’il a pris la parole. Nous pouvions voir l’assistance tourner la tête pour l’écouter. Pertinent, percutant, son français est clair, vivant et concis. « Une hirondelle à elle seule ne peut pas faire le printemps », dit l’intervenant, allusion à la nécessité de l’union des peuples africains pour faire face au système capitaliste et néolibéral, qui selon lui, « est de plus en plus déterminé à reconquérir l’Afrique en la dirigeant vers une trajectoire qui lui permet d’asseoir son hégémonie ».
D’autres participants à l’image de M. Aziz et de Ibarhima Labass Keïta, un participant malien, ont prôné la relance de la fédération du Mali. Car les antagonismes qui ont conduit à sa dislocation, ne sont plus d’actualité, estiment-ils. Il s’agit là des positionnements idéologiques entre l’Est et l’Ouest. Une seule certitude, l’intégration africaine, est de l’avis des intervenants, la voix qui mène à la libération, à l’émancipation et à la désaliénation des peuples. Ainsi, les peuples d’Afrique pourront choisir la voie de développement qui réponde à leurs aspirations.

Cheick Moctar TRAORE

CRISES, CONFLITS ET INTERVENTIONS MILITAIRES EN AFRIQUE : Les femmes premières victimes

En marge de la 7ème édition du FSA Dakar 2014, les Associations de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD) Mali et Burkina, ont animé, hier vendredi au Cices, un panel sur les violences faites aux femmes. L’objectif était d’attirer l’attention des mouvements sociaux sur la corrélation entre l’exode rural des filles et les crises…
Il est vrai que les causes nobles mobilisent moins les foules. La plupart des participants sont intéressés par les thématiques sur l’environnement, l’accaparement de terres… C’est le constat fait hier lors du panel d’Addad. Le petit monde écoute attentivement ses trois jeunes (des filles) panelistes. Sur des banderoles accrochées aux placards servant de salle, il est écrit : « nous aussi, nous avons des droits ». Mais passons !

La présidente de l’association coté malien, Sitan Fofana, une jeune femme élancée, explique le déplacement massif de jeunes rurales vers la ville, est la conséquence du système néolibéral qui a crée et continu de créer des situations de conflits pour le profit. Souriante, pertinente et concise dans ces propos, elle ajoute que l’exode rural, qui a été amplifié par les crises, touche les femmes, dont des mineurs majoritairement. « Ces crises sont nées des programmes d’ajustements structurels imposées par le FMI et Banque Mondiale vers les années 80 », tonne-t-elle en arrangeant son voile noir. Conséquence, appauvrissement systématique des populations.

« Les femmes sont les premières victimes de ces violences », a déploré Belhadj Meriem, bénévole d’Addad Mali. Selon elle, elles subissent directement ou non les conséquences des interventions militaires. Car elles perdent leurs maris,  leurs enfants etc. La française ajoute que les aides ménagères migrent vers les villes aspirant à une vie meilleure. Malheureusement, une fois en ville, elles tombent souvent dans le piège de la prostitution, pour certaines; de la maltraitance des employeurs pour d’autres, regrette-t-elle. Les conditions de travail de ces filles sont inhumaines. Sakinatou Ouédrago, vice présidente Addad Burkina continue : « Les aides ménagères sont malnutries, logées. Elles sont souvent victimes de viol de leur employeur ». Elle a alors demandé aux autorités de respecter leurs droits.

« Nous réceptionnons régulièrement des aides ménagères qui ont été victimes de viols de la part de leur employeurs ou qui ont contracté des grossesses précoces », informe la bénévole. Selon ses explications, l’association les héberge, nourrit, soigne, et entame des discussions avec l’employeur en question. La présidente Sitan Fofona a félicité les efforts de son organisation qui parvient à signer des contrats pour les travailleuses domestiques. Chose impensable il y a quelques années.


AMADOU SEIDI DJIGO, OXFAM INTERMON EN MAURITANIE : « Concilier objectifs du développement et droits des populations »

Responsable du Programme bonne gouvernance économique et politique de Oxfam Intermon en 
Mauritanie, Monsieur Djjigo particite au Forum social africain Dakar 2014. Dans cet entretien sur l’accaparement de terres, il invité les autorités à la conciliation entre les impératifs du développement et les droits inaliénables des populations.

Quelle est aujourd’hui l’ampleur de l’accaparement des terres en Mauritanie ?

La question de l’accaparement des terres commence à être une problématique globale. Ce phénomène s’est installé au niveau de beaucoup de pays africains, notamment la Mauritanie. Des investisseurs étrangers arrivent de plus en plus dans le pays. Ils achètent ou louent des terres. Ils produisent en Mauritanie pour nourrir leurs populations.

Comment peut-on concrètement mesurer cette expropriation foncière ?

Au niveau de la partie Sud du pays, une société saoudienne (RHJ) est en train de négocier avec le gouvernement pour avoir 31 000 hectares de terres. Le projet n’a pas encore commencé, certes. Mais les populations concernées par cette zone à attribuer ou qui l’a été déjà, se mobilisent pour réclamer leur droit à la sécurité foncière.

Mais selon vous, qu’est-ce qui être à l’origine de la ruée sur les terres africaines en général, Mauritaniennes en particulier ?

Cela peut s’expliquer par le fait que le monde entier connait aujourd’hui un problème alimentaire. Cette pénurie de denrée nourricière concerne plusieurs pays, comme le notre. Les investisseurs (privés et étatiques) étrangers savent qu’il est facile d’acquérir des terres dans nos pays où la législation foncière est très faible. Un autre facteur est l’abondance de terres arables et de l’eau. Il est alors facile d’amortir son investissement. La terre est non seulement moins chère, mais aussi la fiscalité est presque inexistante. Les opérateurs préfèrent alors produire là où le coût de la production est très bas, pour ensuite  vendre le produit à un prix excessivement élevé sur le marché mondial. Donc l’accaparement de terres est un moyen de fructifier son argent.

Mais qui sont les auteurs de ce fléau en Mauritanie ?

Les acteurs sont multiples. Parmi eux, des opérateurs économiques nationaux. Il y a également des investisseurs étrangers venant des pays arabes, de l’Indes, d’autres pays africains… A cela s’ajoute des hommes politiques qui acquièrent de la terre pour développer leur capital.

Quelles peuvent en être les conséquences sur les exploitations familiales ?

Les exploitations familiales sont de plus menacées. La plupart de ses exploitants n’ont pas de titres fonciers. Les agriculteurs familiaux ne peuvent pas faire appel au témoignage pour prouver que les terres les appartiennent. Car cela n’est pas pris en compte. La victime, selon les procédures, doit prouver que la terre son patrimoine. Autrement, elle est du domaine de l’Etat. C’est cela le paradoxe.

Que faut-il faire pour guérir de ce mal?

La solution passe par la réforme de la législation foncière. Ce, pour l’adapter aux réalités de nos populations. Il faudrait également voir comment concilier les objectifs du développement avec les droits inaliénables des populations. Il faut consulter les populations quant aux décisions les concernant. L’Etat doit également penser à la sécurisation des droits des populations.


samedi 18 octobre 2014

NDEYE GUEYE, PRODUCTRICE À ROSS BETHIO: Une battante et non une parvenue

Exemple de réussite en entreprenariat féminin dans le domaine agricole au Sénégal, Ndeye Gueye est l’invitée de Oxfam au Forum social africain Dakar 2014 pour partager son expérience avec les africains.
Orpheline à 15 ans, chef de famille à partir du même âge ! Née dans une famille d’agriculteurs. Ndeye Guey perd très tôt sa mère. L’orpheline de 15 ans abandonne alors l’école en classe de 6ème année. Madame Ndeye Gueye va s’occuper de sa petite famille, entendu par là ses deux frères, trop jeunes pour vivre sans protection maternelle. Afin de réussir cette mission, cette ainée d’une fratrie de trois enfants dont deux garçons, prend conscience de la nécessité du retour à la terre. « J’ai toujours su que la terre est un don dont il faut prendre soin », lance-t-elle d’une voix timide et hésitante.

Audacieuse et courageuse, cette sénégalaise bon teint va alors réussir ce qui, avant elle, était inimaginable. « Elle ose demander des terres en son nom (vingt hectare), qu’elle obtient après délibération du conseil rural », félicité Oxfam. Convaincue que les femmes peuvent se battre pour réclamer leurs droits, la vielle d’une soixantaine d’année « fixe le cap ». Elle est avide de réussir ses objectifs maintenant et dans la durée. Ndeye Gueye s’attaque à l’exode rural des jeunes filles de son village vers les villes. Une mission facilitée grâce au concours des partenaires.

 « Elle suit une formation d’animatrice en développement local au sein du foyer des jeunes de Ross Bethio – sur le leadership, l’approche genre, le renforcement de capacités, la lutte contre les maladies etc. », nous apprend un dépliant d’Oxfam qui dresse un portrait élogieux de l’activiste. Armée et outillée, elle va montrer aux femmes la voix à suivre. Il s’agit de faire comprendre par des actes à ses sœurs du village qu’on peut réussir sa vie sans l’exode. Elle va pour ce faire les organiser en groupement, les accompagne dans la formation. « Ma plus grande satisfaction est de permettre la libération et l’éveille de conscience chez mes sœurs », se congratule-t-elle. De quoi se glorifier si nous savions que le « Fouta », d’où elle est originaire, est une zone très encrée dans la tradition. Donc ce sont les hommes qui règnent en maîtres.


Avec comme crédo dignité et intégrité, Ndeye Gueye est musulmane et fière de l’être. Une foi qui, selon elle, la permet d’accepter les autres, les pardonner et les respecter. Elle continue à se battre pour combler l’absence de son mari « installé dans un autre village avec sa deuxième épouse ». Employeur de quatre saisonniers, elle se sent utile à elle-même et son village, malgré son manque de fond. Une manière, selon cette femme grande de 1, 85 m environ, d’accompagner l’Etat dans sa politique de création d’emploi.

ANAS ABDELRAHIME, DIPLOMATE PALESTINIEN : « La Palestine est une grande prison à ciel ouvert »

Diplomate, Anas Abdelrahime travaille à l’ambassade de Palestine au Sénégal. Il nous livre ses impressions sur le conflit israélo-palestinien et nous parle de l’objet de sa présence au Forum Social Africain (FSA).

Qu’est ce qui explique votre présence au Forum Social Africain (FSA) ?

Nous sommes au forum pour parler des questions qui intéressent nos amis africains. Je veux parler de l’émigration, la colonisation économique, etc. Nous allons aborder surtout les problèmes de droit et de liberté qui intéressent les Africains comme les Palestiniens. Nous luttons contre toutes les violences perpétrées contre les populations civiles dans le monde.  

Quel est l’état actuel des relations entre la Palestine et Israël ?

Nous sommes sous occupation israélienne. Les israéliens occupent nos terres et ils nous colonisent. Les paysans palestiniens sont dépouillés de leurs terres. Récemment, ils nous ont bombardés pendant 51 jours. Ils ont tué plus de 2200 personnes dont 1500 civiles. Leurs bombardements ont emporté beaucoup de femmes et d’enfants. Ils ont détruit plus de 40% de nos  infrastructures à Gaza. Israël, c’est le visage de la colonisation et de l’impérialisme sur le territoire palestinien. Il y a plus de 6000 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Parmi eux des personnalités politiques et des députés palestiniens. Israël veut empêcher le système législatif palestinien de fonctionner.  

Comment les Palestiniens vivent-ils le conflit avec l’Etat hébreu ?

Nous vivons une situation très difficile actuellement. Les Palestiniens ne peuvent pas circuler librement dans le bande de Gaza. Cette situation dure depuis 7 ans. Elle se poursuit après les bombardements, malgré la réaction internationale. Les gens souffrent toujours. Le peuple palestinien vit  comme des prisonniers. Les Israéliens nous interdisent l’accès aux matériaux qui vont nous permettre de reconstruire nos maisons. Ils ne laissent pas entrer la nourriture. Nous ne pouvons même pas faire entrer les produits pharmaceutiques. La Palestine est une grande prison à ciel ouvert.

Quelles sont les stratégies que la Palestine a mises en place pour sortir de cette situation ?

Nous préconisons depuis 20 ans une stratégie politique et diplomatique. Nous faisons de la résistance pacifique. C’est pour cela que nous avons adopté différentes formes. Nous faisons des plaidoyers lors des rencontres internationales comme le Forum Social Mondial (FSA). Nous demandons aux gens d’aborder la question palestinienne et de prendre position. C’est une méthode simple. Tout citoyen palestinien peut le faire. Nous allons prendre exemple sur l’Afrique du sud au temps de l’Apartheid. Nous allons mener à l’image des camarades de Nelson Mandela une campagne de sensibilisation internationale. Et nous continuons de la préconiser. D’ailleurs c’est grâce à elle que le monde  s’est réveillé pour dénoncer la colonisation et la violence perpétrée par les Israéliens contre notre peuple.
Et les dissensions entre le Fatah et le Hamas…
Nous sommes dans une dynamique de  dialogue national et de travail en commun pour sortir des divisions et des difficultés que nous avons connues. Nous avons mis en place un gouvernement d’union national pour  atteindre nos objectifs. Le gouvernement a tenu son premier conseil des ministres la semaine dernière à Gaza. Ce qui n’est pas arrivé depuis 10 ans. Donc nous sommes sur la bonne voix.

El Hadji Fallilou Fall

PILLAGE DES RESSOURCES AFRICAINES : Les mouvements sociaux invités à barrer la route aux multinationales


Face au pillage de ressources naturelles dont est victime l’Afrique, les participants au Forum Social Africain (FSA) ont proposé des solutions pour mettre fin à ce mal.

A l’instar de la journée d’hier, les problèmes de l’Afrique ont été discutés, ce matin, au Forum Social Africain (FSA). L’occasion a été saisie par  le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-monde (CADTM) pour mettre à nue l’impact négatif qu’ont les multinationales sur l’économie des pays africains.

« Les ressources naturelles des pays du sud souffrent de pillages qui datent depuis le XVIème siècle. Le pillage de nos ressources revêt différentes formes en fonction des époques. Avant, c’était la traite négrière. Ensuite nous avons connu la colonisation. Maintenant nous vivons les effets du néolibéralisme avec l’imposition des plans d’ajustement structurel (PAS). Aujourd’hui on voit un afflux des multinationales  dans les pays du Sud pour s’accaparer de leurs richesses », a dénoncé Aboubacar Issa, coordonnateur du Réseau national d’Aide et Développement.

« Je voudrais interpeller mes frères africains pour qu’ensemble nous réfléchissions pour mettre en place un cadre qui va nous permettre de dire non au pillage. Il nous faut trouver une nouvelle forme qu’on va dicter à nos dirigeants afin qu’ils soient plus regardants sur pillage de nos ressources naturelles », a-t-il ajouté.
Selon lui, les mouvements sociaux doivent s’approprier des conventions qui sont signées par les Etats africains. Ils doivent veiller à ce que les dirigeants les appliquent. Cela permettra, dit-il, aux populations de tirer leur épingle du jeu. Sinon, les gouvernants vont accepter les pots-de-vin des multinationales qui participent à l’appauvrissement de l’Afrique.

« L’Afrique est l’un des continents les plus pourvus en ressources naturelles. Les pays africains individuellement pris ont une richesse d’une manière ou d’une autre contrairement à l’Occident. Certains pays sont premiers, deuxièmes ou troisièmes sur le classement mondial des pays détenteurs de ressources naturelles. Au Niger, on a de l’uranium. Le Mali dispose de beaucoup d’or. L’Afrique détient 12% des richesses mondiales. Aujourd’hui les réserves importantes ne se trouvent qu’en Afrique », a-t-il précisé.

El Hadji Fallilou Fall