samedi 18 octobre 2014

Pour la fin de la Françafrique !

Les relations ambigües qu’entretient la France avec son pré carré africain expliquent en grande partie le retard économique ainsi que la précarité sociale de l’Afrique. Face à cette injustice,certains français s’indignent de la politique menée par leur  pays en leur nom.

Le Forum Social Africain est une plateforme d’échanges et de revendications sur les problèmes auxquels l’Afrique est confrontée. Si les activistes africains sont naturellement bien représentés, il y a aussi des altermondialistes venus des autres continents. Venus de la France, Yannis et Rachel sont des volontaires de l’association  Survie qui dénonce depuis près de cinquante la politique de la France en Afrique. En effet, après l’avènement des indépendances, la France a continué à exercer son influence sur ses anciennes colonies. Avec la complicité de régimes dictatoriaux auxquels elle garantit la stabilité, la France accaparent les richesses naturelles de ses anciennes colonies. Ces relations ambigües et non officielles sont connues sous le nom de françafrique. 

Le bilan de la françafrique est désastreux : Soutiens à des régimes despotiques, coups d’Etat, guerres, paupérisation des masses, corruption … Bref la françafrique  explique en grande partie le retard économique des pays francophones par rapport aux pays anglophones. Pour Yannis, cette politique qui enfonce l’Afrique n’honore pas l’image de la France, patrie des droits de l’homme. « En tant que citoyens français, nous avons le devoir de contrôler la politique de la France menée au nom des français et de nous indigner de ses dérives », déclare-t-il. 

Il déplore, en outre, le maintien de bases militaires françaises en Afrique ainsi que les interventions militaires de son pays sur le continent, notamment au Mali et en Centrafrique. Sa collègue Rachel est animée par les mêmes motivations. Elle ajoute que la situation économique de la France ne devrait pas autoriser des dépenses militaires aussi colossales. « Le service social en France s’affaiblit faute de moyens, pendant ce temps, on finances des guerres extrêmement  coûteuses et dévastatrices en Afrique », déplore-t-elle .

Ces deux bénévoles français souhaiteraient voir leur pays entretenir des relations saines et équitables avec les pays africains.  « Nous souhaitons que les pays africains parviennent enfin à se soustraire du paternalisme de la France. Qu’ils soient en mesure de vendre leurs richesses à des prix justes à fin de permettre à leurs peuples de jouir des richesses sur lesquelles elles sont assises ». Malheureusement seule une minorité des français se sentent concernés par ce combat. Yannis et Rachel sont, cependant, déterminés à défendre leurs convictions : « Soutenons les peuples, pas les dictateurs ! »


Marlyatou DIALLO

Non aux APE


L’ONG Oxfam a organisé un atelier sur le thème : « Oui, l’APE menace notre alimentation », le vendredi 18 octobre. C’était au CICES où se tient la 7ème édition de Forum social africain (Fsa), Dakar 2014.

Des acteurs de la société civile se sont retrouvés pour débattre des questions relatives à l’avenir de l’économie de l’Afrique de l’Ouest. Les débats ont gravité autour de ce qu’il est convenu d’appeler les « Accords de Partenariat Economique (APE) », entre l’Union européenne et la Cedeao. Des accords qui, selon les initiateurs visent à garantir et améliorer de bonnes relations de marchés entre les  deux continents.

Une initiative que certains acteurs sociaux africains voient d’un mauvais œil. Pour Fanta Diallo du collectif « Non aux APE », cette convention n’est qu’une invasion déguisée des produits africains au profit de l’Europe. On retiendra d’elle que : « les APE dans leur essence sont une agression contre leurs marchés et que les dirigeants africains doivent avoir le courage de les rejeter pour l’intérêt de leur peuple ». « Produisons et consommons local, au lieu de signer des accords illusoires qui ne nous mènent qu’à l’insécurité alimentaire et à la dépendance de l’Occident » a martelé Fanta Diallo.
Quant au chercheur Alioune Niang, il pense qu’on ne doit pas juger négativement les APE sans auparavant comprendre le contenu des textes y afférents. A lui de poursuivre :« il est prévu dans ces accords que l’Union européenne ne va pas s’ingérer dans la régulation des marchés africains et que la dimension alimentaire y est aussi bien prise en compte ». Pour lui, les effets négatifs ou positifs dépendrons de la mise en œuvre de ces accords par les chefs d’Etat africains. Il a également interpellé les députés de la Cedeao sur la question car, dit-il, ils ont un rôle important à y jouer puisque le dernier mot leur revient en tant porte-paroles de leur peuple.

Face à cette interpellation, la réaction du député Cheikh Oumar Sy ne s’est pas fait attendre. Pour ce dernier, jusqu’au jour d’aujourd’hui, le gouvernement du Sénégal ne leur a pas informé sur la question. Et d’ajouter que : « Avant même les discussions sur ces accords l’Etat devait consulter l’assemblée nationale mais il ne l’a pas fait ».

De son côté, Jerome Diara d’Oxfam a indexé les gouvernants africains. Il a affirmé que : « Cette situation est due au fait qu’à la Cedeao, il manque de politiques cohérentes en adéquation avec les politiques agricoles communes ».


Par ailleurs, dans la perspective de continuer leur combat, le collectif « Non aux APE » organise une rencontre le samedi 18 octobre à la place de l’Obélisque à partir de 16 heures.

Ahamadou Mahamar TOURE

Pour l’avènement d’une paix durable en Casamance !


Souvent minimisé, le conflit casamançais perdure pourtant depuis 1982. Pour les femmes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), il est temps de donner une chance à la paix. Elles ont tenu une conférence de presse en marge des activités de la 7éme édition du Forum Social Africain(FSA).

 Le Forum Social Africain (FSA) se poursuit au CICES où se sont donnés rendez-vous les différents participants. Parmi les activités de ce troisième jour, figure la conférence de presse tenue par les femmes du Comité Régional de Solidarité des Femmes pour la Paix en Casamance (CRSFPC). Elles déplorent notamment le fait de ne pas avoir été associées aux négociations de paix entre l’Etat du Sénégal et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). « Nous n’avons aucune information sur ces pourparlers qui nous concernent pourtant », déplore Mme Seynabou Mar Cissé, coordonnatrice du CRSFPC. 

En outre, elle regrette la minimisation du conflit qui mine le sud su Sénégal depuis une trentaine d’années. « On croit à tort que le conflit casamançais est un conflit mineur. On oublie que cette guerre  a entrainé plusieurs centaines de morts et forcé certaines populations à se déplacer ». Bien sûr, reconnait-elle, la Casamance connait une période d’accalmie : braquages, pillages et affrontements armés se font rare. 

Mais il persiste l’épineuse question des mines anti-personnel.  Principal caractéristique de ce conflit séparatiste, les mines antipersonnel sont responsables de plusieurs de décès et d’handicaps majeurs. En outre, elles ont forcées certaines populations à renoncer à leurs terres et les ont de ce fait précipitées dans le dénuement. La persistance de conflit fait obstacle au déminage. C’est pourquoi les femmes du CRSFPC s’inquiètent de n’avoir aucune information sur les pourparlers de paix. Elles appellent les différents protagonistes à donner une chance à la paix en impliquant toutes les parties concernées.
Créé en 1999, le CRSFPC est une association qui travaille à mieux impliquer les femmes dans l’édification d’une paix durable pour une société prospère et égalitaire. Respectée et sacralisée en Casamance, la femme a donc  un rôle important à jouer dans l’arrêt du conflit. Outre la sensibilisation qu’elles mènent déjà en Casamance,  elles comptent étendre leurs actions dans le reste du pays. « Le conflit Casamançais concerne tout le Sénégal », justifie Mme Seynabou Mar Cissé. Selon, elle la Casamance a des potentialités énormes qui pourraient profiter à l’ensemble du pays si l’on parvenait à enrayer la guerre. Elle suggère donc que soit menée dans tout le Sénégal une vaste campagne  d’information et de sensibilisation sur le conflit casamançais. La dernière semaine du mois d’avril 2015 a été retenue à cet effet.

Marlyatou DIALLO

vendredi 17 octobre 2014

ACCES A LA TERRE AU SENEGAL: Ces goulots qui étranglent les femmes

Les femmes contribuent à 80 % à la production des denrées alimentaires. L’atteinte de la souveraineté alimentaire sans elles, semble une illusion. D’où le thème « pas de droit à l’alimentation sans les femmes ».
« Les femmes peinent à accéder à la terre, malgré l’existence de lois le favorisant », tonne Madame Gning Mossane Dour, chargée de programme ONG Agricole Afrique (une organisation sous-régionale qui promeut l’agriculture bio). C’était, hier jeudi, à la faveur du focus 2 d’Oxfam à la 7e édition du Forum social africain Dakar 2014. Ce qui la fait dire que « ce qui se passe sur le terrain est différent de ce qui est prescrit par les textes ».
Une seule maladie, des causes multiples. Le statut social et traditionnel de la femme la défavorise par rapport à l’homme. Car ces « derniers sont toujours les maîtres de la famille », explique Madame Gning. Ainsi, les aides visant le renforcement de la capacité économique des femmes sont souvent détournées par des hommes, parce qu’ils décident à la place d’elles. Fatou Seck du réseau Wildaf révèle : « Une organisation avait donné des charrues aux femmes d’un village où elle intervenait. Sur la liste d’attribution, 111 femmes ont reçu le matériel. Mais le suivi a montré que ce sont seulement huit d’entre elles qui l’ont véritablement bénéficié». Les hommes ont détourné le reste au détriment des femmes, regrette-t-elle.
Les femmes ont difficilement accès à l’information. Ce qui est, selon Mme Seck, l’une des raisons de l’inégalité homme/femme dans le domaine de l’agriculture. Cela a comme conséquence la faible représentativité des femmes au niveau des postes de prise de décision. « Si tu n’es pas là le jour du partage. Quelqu’un d’autre prendra ta part », ironise-t-elle en Wolof. Mossane Dour d’ajouter que les femmes ont elles aussi une part de responsabilité. « Nous ne sommes pas du tout solidaires entre nous », déplore-t-elle.
Si les femmes ont accès à la terre, ce sont généralement des pauvres ou très éloignées du village qu’on leur attribue. Ce qui paraît incompatible avec leurs travaux domestiques. « Les hommes ont plus de temps libres que les nous. Nous exécutons les travaux au niveau de la maison. Nous n’accédons qu’aux parcelles éloignées du village », déplore la chargée de programme. « Si les femmes attendent qu’on leur donne nos terres, elles se font des illusions. Qu’elles se battent comme nous l’avons fait», fustige un débatteur. Mossane Dour a donc appelé les femmes à l’union sacrée pour réclamer ce qui les revient de droit.


Femmes et Médias: « Les femmes sont stigmatisées dans la presse au Sénégal » dixit Tidiane Kassé


Les femmes sont présente dans la presse, mais en position de dominée et de faible. C’est le constat partagé par Tidiane Kassé lors du panel « la présence des femmes dans les médias » organisé par l’Institut Panos en Afrique de l’Ouest (IPAO) .Il va plus loin en disant que les violences faites aux femmes sont présentées comme normales  dans cette même presse, car, ils  les « accusent »  d’être responsables de ce qui leur arrive.

Ayant  pour entre autres missions d’éduquer ;  informer ; sensibiliser et de distraire, Kassé pense que les médias à chaque fois qu’il s’agit des femmes préfèrent distraire.
 Il en veut pour preuve, le traitement fait du viol d’une  déficiente mentale  dont le procès a eu lieu un 08 Mars (journée internationale de la femme).  Ce sont selon lui « les explications et gesticulations de la malade qui ont provoqués un fou rire dans la salle qui ont retenu l’attention du journaliste » il poursuit «  ce dernier a traité dans son article le viol en filigrane lui enlevant son caractère criminel et n’a pas souligné le fait que ce jour,  une avocate s’est saisie du dossier pour défendre la cause de la déficiente mentale ».

Cette façon de traiter de la femme dans la presse est,  selon Tidiane Kassé due au manque de formation donc de professionnalisme de la plus part d’entre eux.Il pense qu’avec  l’évolution sociale et politique de la société, ou l’on voit désormais des « femmes chefs ou responsables de ménage » il est temps de les présenter autrement dans les médias. Ce la passe par la formation des journalistes à traiter avec sérieux les questions de femmes  et aussi, former les organisations et organismes de femmes à mieux communiquer pour valoriser la femme a t-il conclu.


Mohamed DAGNOKO

Comment nourrir l'Afrique?

jeudi 16 octobre 2014

MEDIA : Les journalistes sollicitées pour donner une bonne image des femmes

Les femmes ont déploré, à l’occasion du Forum Social Africain(FSA), le traitement peu reluisant dont elles font l’objet au niveau des média.

Les femmes ont été au cœur des débats, aujourd’hui, au Forum Social Africain (FSA).  Plusieurs intervenants ont donné leurs avis, lors des discussions dont le thème portait sur : Discriminations et stigmatisation des femmes à travers les média. « Les journalistes ne jouent pas leur rôle. Ils pensent qu’ils doivent dire tout ce qu’ils voient. Mais cela ne doit pas se passer comme ça. Les journalistes doivent publier les informations utiles pour valoriser l’image des femmes à  travers leurs publications », a regretté la chargée de projet Genre et Diversité à l’Institut Panos à l’Afrique de l’ouest, Mata Coulibaly.
« Les femmes ne maitrisent pas la manière de communiquer avec les média. Elles n’ont pas les outils de communication qu’il faut pour parler à la presse. Je demande aux femmes journalistes de s’approcher des organisations féminines pour leur apprendre la façon dont on fait un dossier de presse, une interview. En aidant les femmes à améliorer leur communication avec la presse, on les aide aussi à donner une bonne image d’elles-mêmes au niveau des média. Les femmes journalistes doivent porter ce combat », a-t-elle plaidé.
Tidiane Kassé, journaliste et consultant dans le domaine des média a abondé dans le même sens. « La diversité des traitements de l’information a donné beaucoup de places à la femme dans les média. Le seul problème est maintenant les types d’informations que la presse diffuse à l’égard des femmes. Il faut revoir le discours porté sur les femmes. Les média parlent des femmes que quand elles sont violées ou escroquées. Malheureusement l’essentiel de l’information sur les femmes est une information de faits divers alors que des femmes jouent des rôles beaucoup plus importants et valorisants. Les journalistes doivent se faire violence pour ramer à contre courant de l’opinion et donner une bonne image des femmes », a-t-il proposé.
Selon lui, l’image que la société donne à la femme est erronée. « Les femmes sont également présentes de plus en plus dans l’espace politique avec la parité. Au niveau économique, elles jouent un rôle extrêmement important. Devant ce changement, il n’est pas possible que les média restent figés sur le regard qu’ils portent envers les femmes. Parce que ce regard est plein de stigmatisation et de clichés. Cette attitude ne responsabilise pas les femmes. Je ne dis pas  qu’il faut rompre avec nos traditions mais il faut les interroger parce que les sociétés évoluent », a-t-il noté.
« La première solution doit venir des écoles de formation. C’est là où les futurs journalistes sont formés. Si on leur inculque une bonne  image des femmes, ils vont  transmettre cette image quand ils seront dans les rédactions. Les professionnels des média doivent faire attention aux vocabulaires qu’ils utilisent pour parler des femmes », a-t-il ajouté. 
De l’avis de Dianna Senghor, directrice de l’Institut Panos en Afrique de l’ouest, « les femmes doivent tout faire pour être présentes dans les organes de presse et y occuper des postes de responsabilités. Elles doivent s’impliquer dans les média. Elles doivent aussi multiplier leur présence dans les réseaux sociaux pour s’approprier les nouvelles formes de communication ».

El Hadji Fallilou Fall